TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

27 avril 2017

[Riposte Catholique] Dédiabolisation de la FSSPX: décision exemplaire de Mgr Planet

SOURCE - Riposte Catholique - 27 avril 2017

On sait qu’une lettre de la Commission Ecclesia Dei du 27 mars 2017 informait les évêques de l’univers que le pape avait approuvé des dispositions visant à assurer la validité de mariages célébrés par des prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X. Interprétant le plus généreusement possible les dispositions de cette lettre, Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne, par décret qui sera bientôt publié, donne sans restriction, sur tout le territoire de son diocèse, délégation pour recevoir les consentements matrimoniaux à tous les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X dans toutes les chapelles de cette Fraternité. Les mariages qu’ils célébreront seront inscrits sur les registres de la chancellerie diocésaine.
    
En outre, si les mariages sont célébrés par ces prêtres dans des églises paroissiales, les curés sont invités à déléguer leurs pouvoirs ordinaires pour recevoir les consentements, comme ils le feraient pour tous prêtres catholiques.

[Mgr Fellay, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs] Le libre examen de Luther nie la nécessité d’une autorité surnaturelle et rend impossible l’unité dans la Vérité.

SOURCE - Mgr Fellay, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs - 26 avril 2017


Le libre examen de Luther nie la nécessité d’une autorité surnaturelle et rend impossible l’unité dans la Vérité. 

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Il y a cinq cents ans, Martin Luther se révoltait contre l’Eglise, entraînant à sa suite un bon tiers de l’Europe – ce fut probablement la perte la plus importante que l’Eglise catholique ait eu à subir durant son histoire, après le schisme d’Orient de 1054. Il a ainsi privé des millions d’âmes des moyens nécessaires au salut, les éloignant non d’une organisation religieuse parmi d’autres, mais bel et bien de l’unique Eglise fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont il a nié la réalité surnaturelle et la nécessité pour le salut. Il a complètement dénaturé la foi, dont il a rejeté les dogmes fondamentaux que sont le saint Sacrifice de la messe, la présence réelle dans l’Eucharistie, le sacerdoce, la papauté, la grâce et la justification.

Au fondement de sa pensée, qui est celle du protestantisme dans son ensemble aujourd’hui encore, il y a le libre examen. Ce principe revient à nier la nécessité d’une autorité surnaturelle et infaillible qui puisse s’imposer aux jugements particuliers, et trancher les débats entre ceux qu’elle a pour mission de guider sur le chemin du Ciel. Ce principe clairement revendiqué rend tout simplement impossible l’acte de foi surnaturel, qui repose sur la soumission de l’intelligence et de la volonté à la Vérité révélée par Dieu et enseignée par l’Eglise avec autorité.

Le libre examen, érigé en principe, rend non seulement inaccessible la foi surnaturelle qui est la voie du salut (« Celui qui ne croira pas, sera condamné », Mc 16, 16), mais aussi il rend impossible l’unité dans la Vérité. Il a ainsi établi en principe l’impossibilité pour les protestants du salut éternel, et de l’unité dans la Vérité. Et de fait la multiplication des sectes protestantes ne cesse d’augmenter depuis le XVIe siècle.

Devant un spectacle si désolant, qui ne comprendrait les efforts déployés maternellement par la véritable Eglise du Christ pour rechercher la brebis perdue, qui ne saluerait ses nombreuses tentatives apostoliques pour libérer tant d’âmes enfermées dans ce principe fallacieux qui leur interdit l’accès au salut éternel ? Ce souci du retour à l’unité de la vraie foi et de la vraie Eglise traverse les siècles. Il n’est pas du tout nouveau ; que l’on considère la prière du Vendredi Saint :

Prions pour les hérétiques et les schismatiques, afin que notre Dieu et Seigneur les arrache de toutes les erreurs et qu’il daigne les ramener à notre sainte Mère, l’Eglise catholique et apostolique.

Dieu tout-puissant et éternel, qui sauvez tous les hommes et voulez qu’aucun d’eux ne se perde ; regardez les âmes trompées par la ruse diabolique, afin que les cœurs de ceux qui errent, ayant déposé toute perversité hérétique, se repentent et reviennent à l’unité de votre vérité. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Ce langage traditionnel ne laisse aucune place à la confusion si largement répandue aujourd’hui au nom d’un faux œcuménisme. Les mises en garde de la Congrégation du Saint-Office en 1949, à la suite de plusieurs documents pontificaux, dont le plus important est certainement l’encyclique de Pie XI Mortalium animos (1928), ces justes mises en garde semblent désormais lettre morte. Pourtant les dangers de cet irénisme œcuménique, dénoncé par Pie XII dans Humani generis (1950) sont immenses et gravissimes, car il décourage les conversions au catholicisme. Quel protestant, voyant louer les « richesses » et « vénérables traditions » de la Réforme de Luther, éprouverait le besoin de se convertir ? Et d’ailleurs, le mot même de « conversion » est actuellement banni du vocabulaire catholique officiel, dès lors qu’il s’agit des autres confessions chrétiennes.

En outre, cette nouvelle attitude, faite de louanges pour le protestantisme et de repentances pour le catholicisme, cause – c’est un constat – la perte de la foi chez d’innombrables catholiques. Chaque sondage interrogeant la foi des catholiques montre les ravages que produit cet alignement effarant sur le protestantisme. Combien de catholiques sont atteints au XXIe siècle par ce que l’Eglise a condamné, jusqu’au Concile, sous le nom d’indifférentisme ? Erreur funeste qui affirme que tout le monde est sauvé, quelle que soit sa religion. Erreur qui s’oppose frontalement à l’enseignement de Notre Seigneur lui-même et de toute l’Eglise à sa suite. Pourtant, en dénonçant cette erreur contre la foi catholique bimillénaire, l’on passe immédiatement pour un fanatique ou un dangereux extrémiste.

C’est aussi au nom de ce nouvel œcuménisme qu’a été inventée la nouvelle liturgie. Elle entretient avec la Cène protestante des rapports tels que plusieurs théologiens protestants ont pu affirmer la possibilité pour leurs coreligionnaires d’utiliser le nouveau missel catholique, ainsi Max Thurian à Taizé. Et pendant ce temps, les enfants de l’Eglise catholique se voyaient privés des plus beaux trésors de la louange divine et de la grâce. Dieu merci, Benoît XVI a courageusement déclaré que la liturgie pluriséculaire n’avait jamais été abrogée, mais – pendant plus de 40 ans, dans le monde entier – la réforme liturgique postconciliaire a éloigné des millions de fidèles des églises, car ils n’y trouvaient plus ce qu’ils attendaient de l’Eglise catholique.

Comment s’étonner dès lors que cet œcuménisme censé promouvoir l’unité des chrétiens ne fasse que bien peu de progrès ?

Mgr Marcel Lefebvre, dès le Concile, dénonça cette nouvelle façon de procéder avec les protestants, qui s’abritait sous le nom d’œcuménisme. De fait, ce vocable très élastique exprime une manière générale de voir et de faire, introduite dans l’Eglise au moment de Vatican II. Il s’agit d’une bienveillance affichée envers tous les hommes, d’une volonté arrêtée de ne plus condamner l’erreur, d’une recherche tous azimuts de ‘ce qui nous unit’ plutôt que de ce qui nous sépare... Et ce qui aurait dû n’être que le premier pas d’une démarche vers l’unité, dans le cadre d’une captatio benevolentiæ, s’est transformé rapidement en une recherche voulue pour elle-même, devenue sa propre fin ; une quête incessante à la poursuite d’une vérité indéfinie. Elle s’est alors écartée de sa fin objective : le retour à l’unité de l’Eglise de ceux qui l’ont perdue. Ainsi le sens du mot œcuménisme a été changé, le concept d’unité a été modifié, et les moyens pour y parvenir ont été faussés.

A la clarté traditionnelle d’une Eglise qui sait être la seule vraie et qui le proclame haut et fort, s’est substituée une doctrine nouvelle et incertaine – mélange d’autodénigrement repentant et de relativisme post-moderne (‘nous ne possédons pas toute la vérité’, par exemple) –, ce qui conduit actuellement une majorité de catholiques à renoncer à l’affirmation qu’il n’y a qu’une seule voie de salut, et que nous tenons de Jésus-Christ lui-même : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi » (Jn 14, 6).

On a subrepticement changé le sens du dogme « Hors de l’Eglise pas de salut » par des idées confuses, jusqu’à altérer l’affirmation de l’identité de l’Eglise du Christ et de l’Eglise catholique. Le cardinal Walter Kasper, alors président du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens, voyait dans la nouvelle définition de l’Eglise (subsistit in) ce qui a rendu tout simplement possible l’œcuménisme promu depuis le Concile. Venant d’une telle personnalité, c’est un aveu de taille, à prendre au sérieux !

Voilà, en quelques mots, pourquoi nous ne pouvons pas célébrer dans la joie le 500e anniversaire de la Réforme protestante. Bien au contraire, nous pleurons cette cruelle déchirure. Nous prions et œuvrons, à la suite de Notre Seigneur, pour que les brebis retrouvent le chemin qui les conduira sûrement au salut, celui de la sainte Eglise catholique et romaine.

Nous prions aussi pour que soit abandonné bien vite cet irénisme illusoire et pour qu’à sa place renaisse un vrai mouvement de conversion, tel qu’il existait avant le Concile, en particulier dans les pays anglophones.

Enfin, en ce centenaire des apparitions de Notre Dame aux trois petits bergers de Fatima, nous prions également pour que soient entendus les appels de la Très Sainte Vierge Marie. Elle a promis la conversion de la Russie, lorsque le Souverain Pontife voudra bien consacrer explicitement ce pays à son Cœur Immaculé. Redoublons nos prières et sacrifices, afin que la promesse de la Mère de Dieu devienne réalité, sans tarder.

Qu’elle daigne avec son divin Fils, cum prole pia, vous bénir en ce temps pascal, et nous conduire tous à la béatitude éternelle.

Dimanche de Pâques 2017
+Bernard Fellay

26 avril 2017

[Bertrand Y. (blog)] Les mariages et le mariage de la Fraternité Saint-Pie X (F.S.S.P.X)

SOURCE - Bertrand Y. (blog) - 22 mars 2016

Malgré l’infime portion de l’univers médiatique qui a parlé de cela, surtout au beau milieu de la campagne présidentielle, il n’a sans doute pas échappé à bon nombre de « tradis » branchés, de tous bords, que le Vatican vient de commettre un nouvel acte en direction de la F.S.S.P.X [1] en incitant les évêques à accorder à ses prêtres, en général, la délégation ordinaire de l’Eglise pour célébrer les mariages, de futurs préparés par leurs soins, dans les églises diocésaines, après leur avoir concédé, depuis 2015, le pouvoir ordinaire d’entendre la confession de tout fidèle s’adressant à eux, notamment dans leurs chapelles.

On remarquera que, dans l’un et l’autre cas, c’est implicitement reconnaître la bonne doctrine de ces prêtres, ce qui est plutôt rassurant après le trouble grave provoqué notamment par le synode sur les divorcés remariés ; que vouloir retirer toute crainte sur la validité aux fidèles, attachés à la doctrine traditionnelle mais non spécialistes en droit canonique, est conforme à l’esprit de charité dont doit spécialement briller l’Eglise ; le tout prouvant que le Saint Esprit continue encore et malgré tout à l’assister dans son état pourtant dramatique.

On remarquera également que la première concession n’est pas faite via les évêques alors que seconde l’est, sans doute en raison de la bien plus grande importance de la confession pour le salut; et qu’il n’est pas parlé des mariages célébrés par ces mêmes prêtres dans leurs propres chapelles, que ce soit dans le passé comme dans le présent et le futur, sans doute tant que la F.S.S.P.X n’a pas de statut propre et pleinement reconnu par Rome.

Pour cette raison il apparaît clair que ces actes romains, surtout le plus récent, sont unilatéraux et non le fruit d’un accord, sur ces points précis, car la F.S.S.P.X aurait certainement préféré ne pas exposer ses prêtres et, plus encore, ses fidèles au dilemme du mariage soit, désormais, en vertu de cette dernière mesure, comme si tout était redevenu normal dans l’Eglise ; soit, encore, en vertu de la délégation extraordinaire concédée par son droit [2] dans les situations exceptionnelles ou l’état de nécessité puisque, à ses yeux, il est toujours réalité au niveau de la foi et de la morale (surtout sur le mariage) à défendre, comme le commentaire « autorisé » de la F.S.S.P.X sur ce document [3] le répète à l’envi.

Faut-il pour autant mépriser, une nouvelle fois, une telle mesure objectivement bienveillante envers la F.S.S.P.X, même si fâcheusement incomplète, comme en ont pris l’habitude, dans ses rangs, une frange non d’intransigeants [4] mais de « purs et durs », quelque peu paranoïaques, qui ne veulent y voir que des tentatives de réduire sa résistance, en y semant la zizanie [5], et ont ainsi vite fait d’accuser de trahison leurs confrères, voire supérieurs, qui ne partagent pas leur dogmatisme pratique et primaire ? Force est, en effet, de constater que telle n’est pas la position officielle de la F.S.S.P.X, qui fait aussi et seulement preuve de bienveillance envers Rome, en la remerciant courtoisement de cette concession ; mais sans se battre la coulpe le moins du monde de s’en être passée jusqu’à présent et en disant vouloir prendre le temps d’étudier les conditions de sa mise en œuvre pour le plus grand bien de ses fidèles.

Au travers de cette prévisible et nouvelle contestation interne, se manifeste une autre difficulté que la régularisation des mariages de la F.S.S.P.X, celle de la normalisation de son propre mariage avec Rome ! Pour mémoire, ce qu’on pourrait appeler ses fiançailles avec celle-ci eurent lieu par son approbation officielle et, entre autres, romaine lors de ses fondation et période probatoire dans les premières années 1970 qui auraient dû aboutir à sa reconnaissance définitive en 1975. Mais, dès 1974, il y eut rupture unilatérale, du côté du Vatican [6] pour aboutir aux fameux événements de 1988. Les relations ont repris de façon positive depuis l’an 2000 mais tardent à aboutir.

Les raisons en sont sans doute bien humaines autant que doctrinales. Il y a, du côté d’encore beaucoup d’évêques et de cardinaux, de la résistance qui est, parfois, une sorte de tyrannie ou de sectarisme venant de ce qu’ils ont objectivement trahi la première raison d’être de la hiérarchie qu’est le salut des âmes par la défense avant tout de la saine doctrine. De l’autre, au sein de la F.S.S.P.X elle-même, il y a le mauvais pli pris, en bonne partie par la force des choses, d’agir en s’affranchissant de presque toute dépendance pratique et normale envers la hiérarchie. Or nul n’aime naturellement changer ses habitudes ! Il est donc humain de trouver de « bonnes » raisons de repousser indéfiniment le moment où l’on ne pourra plus savourer la satisfaction, d’un côté, de dominer par abus de pouvoir [7] et, de l’autre, de n’en faire qu’à sa guise : le tout « pour la gloire de Dieu et le salut des âmes », bien sûr… !

Voila pourquoi l’argument du retour de Rome à l’orthodoxie pour avoir avec elle des relations saines et bonnes n’est au fond qu’un prétexte. D’autant plus que l’histoire de l’Eglise prouve abondamment que ces basses « hommeries » ont existé à chacune de ses pages donc ne cesseront pas avec la disparition de l’état de nécessité ; qu’elles font partie des croix ordinaires de la vie en société, quelle qu’elle soit, qu’il est indigne d’un chrétien ou lâcheté de sa part de vouloir fuir à tout prix [8].

Répondre aux avances romaines, ce n’est donc, d’un côté comme de l’autre dans les circonstances présentes, avoir en vue qu’un mariage de raison et non d’amour, comme l’étaient aussi, le plus souvent, les unions matrimoniales des siècles passés... Bien que cela puisse - et doive - être aussi un bel acte de charité surnaturelle avant tout envers les âmes à sauver, voire envers les responsables actuels de l’Eglise qui, derrière une assurance de façade en persévérant dans leurs égarements, peuvent cacher une détresse profonde face à l’évidence de son état catastrophique. Cela devrait aider, dans la F.S.S.P.X, à beaucoup relativiser les différends internes, d’autant plus qu’il ressemble fort, dans le cas présent, à une résurgence de l’opposition perpétuelle entre idéalisme et réalisme donc entre un faux et un vrai thomisme [9]!
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[1] du 5 avril 2017

[2] mais contestée, même si bien plus par nombre d’évêques, qui considèrent donc invalides de tels mariages, que par Rome elle-même

[3] du 8 avril 2017

[4] la juste et intrépide intransigeance, mais sans raideur ni amertume, sur les plus hauts principes de l’Eglise, l’intégralité de la foi et de la morale, a toujours été la caractéristique de la F.S.S.P.X et l’est encore.

[5] qu’en réalité ils sèment eux-mêmes !

[6] mais de la part de la Rome « conciliaire » et non de la Rome « de toujours », comme disait feu Mgr Lefebvre

[7] il n’est pas rare de constater dans l’exercice du pouvoir, notamment ecclésiastique, un autoritarisme ou une sorte de jalousie féminine qui souffre difficilement son partage, en écrasant toute concurrence supposée ou en voyant vite de la désobéissance dans les initiatives. La manière virile se manifeste, au contraire, par la capacité à déléguer (en exploitant les talents à bon escient et en laissant donc une certaine autonomie ou une part d’initiative) à l’instar de la hiérarchie d’institution divine (non sans analogie avec la militaire) par laquelle le Christ lui-même a voulu partager son propre pouvoir souverain et universel avec son vicaire, le pape ; a voulu que celui-ci le partage en chaque lieu de l’Eglise sur cette terre avec les évêques investis par lui ; puis que ceux-ci fassent de même avec leurs curés etc.. Etant entendu que celui qui a reçu délégation n’agit légitimement que tant qu’il n’en dépasse pas les limites fixées par l’autorité supérieure ; et doit suffisamment lui rendre compte. Sans parler de la vertu surnaturelle ou chrétienne d’obéissance qui fait aimer, à l’exemple encore de Jésus-Christ, la pratique de la soumission ou de la dépendance donc de l’humilité…

[8] étant sauve la nécessaire protection des membres et des fidèles de la F.S.S.P.X, par ses propres maisons et chapelles, voulue par son fondateur ; lequel n’a néanmoins jamais voulu une séparation parfaitement hermétique ou schismatique du reste de l’Eglise; pas plus qu’on ne peut être totalement séparé de la société civile sous peine d’être privé de ses secours élémentaires et nécessaires et d’être hors la loi !

[9] au moins pratique sinon spéculatif

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Prédictions pour L’ Église

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 22 avril 2017

Dans l’Église à présent, tout est sombre, très sombre,
Mais le Soleil divin va chasser loin toute ombre.

Comme il fallait s’y attendre, il y a eu plusieurs lecteurs qui ont réagi au portrait de la Fraternité St Pie X en « déclin lent », tel qu’il a été présenté dans deux numéros récents de ce « Commentaire ». Cette réaction montre que l’aveuglement et l’insouciance ne sont pas de tous. Voici deux lecteurs qui pensent à l’avenir, celui prochain de la Fraternité, ou celui plus lointain de l’Église. Voici le premier:—

«La déstabilisation, confusion et ramollissement des esprits des prêtres et des laïcs de la Fraternité va continuer, hélas, parce que ses chefs actuels vont persévérer tout droit dans le jeu qu’ils jouent avec les demi-Conservateurs. Du sacre d’évêques dans la Fraternité dont « le besoin est urgent » (Mgr. Tissier), on ne parlera pas. Et lorsqu’on ne pourra plus remettre le Chapitre Général de juillet, 2018, où seront élus les chefs suivants pour la Fraternité, les chefs actuels l’anticiperont en faisant tout dans leur pouvoir pour assurer la continuité ininterrompue de leur poursuite de reconnaissance par Rome.»

Selon le poids des prières que l’on dira pour sauver la forteresse de la Foi construite par Mgr Lefebvre, le Bon Dieu peut toujours intervenir avec un miracle pour la sauver, mais humainement parlant il faut dire qu’elle est trop pourrie pour être sauvée. Par exemple, l’apostolat mondial de la Fraternité exige à présent de nouveaux évêques plus jeunes, mais comment peut-on les choisir pour servir la vraie Foi anti-Conciliaire sans en même temps aliéner les Romains Conciliaires qui seuls peuvent octroyer à la Fraternité cette reconnaissance si ardemment poursuivie par son Quartier Général à Menzingen ? Mgr Lefebvre en 1988 a beau avoir qualifié cette poursuite de l’ « Opération Suicide » de la Fraternité, depuis quand les libéraux en croisade battent-ils en retraite ? La religion réelle de ces croisés libéraux, c’est leur Beau Nouvel Ordre Mondial. Et le catholicisme ? C’est pour les apparences. (Jugement dur ? Pensez-y.)

Le deuxième lecteur suppose que le suicide de la Fraternité est chose faite, et il pense à l’avenir de la Foi, davantage du point de vue de Dieu :—

«Le silence qui vient actuellement de la Fraternité concernant la « régularisation » est assourdissant. Il semble que l’accord est en vérité un fait accompli. Dans ce cas-là, occupons-nous de la longue route à parcourir pour tout restaurer, et des soins dont auront sûrement besoin les Réfugiés de la Tradition Catholique. Autrement dit, comment faire ressortir du chaos l’ordre, et comment faire un radeau à saisir sur la mer déchaînée, tandis que Rome en coulant aspire vers le fond de cette mer les faibles dans la Foi. La Foi se rétrécit-elle, ou bien se purge-t-elle de ceux qui n’ont pas été fidèles ? Dieu, au secours!»

Quand nous pensons aujourd’hui à l’avenir de la Foi, n’oublions pas que la situation est si dramatique que personne ne sait rien pour certain, parce que si en effet cette Fraternité coule elle aussi, qui depuis 40 ans agit en bouée de sauvetage pour la vraie Foi, qu’y a-t-il encore qui empêche Rome d’aspirer les faibles dans les profondeurs de la mer ? Dieu est Dieu, et Il peut intervenir à n’importe quel moment et de mainte manière pour interrompre la course folle de Son Église à l’auto-démolition, mais le pessimisme n’en semble pas moins de mise pour le moment.

Moins facile à comprendre, tant que les Papes restent Conciliaires, est l’optimisme apparent de ce lecteur quant à la restauration de l’ordre et un radeau de sauvetage. Car s’il y a une leçon à tirer de l’histoire depuis 2012 de la « Résistance », c’est bien l’extrême difficulté de fonder une œuvre catholique sans l’approbation ne fût-ce que des apparences de l’Église officielle. La Vérité catholique est en elle-même très forte, mais sans le soutien et la protection de l’Autorité catholique, qui est celle de Notre Seigneur, la Vérité reste assez vulnérable. Par exemple, au-dedans d’un cadre d’autorité un prêtre peut facilement se soumettre même s’il n’est pas d’accord, mais en-dehors d’un tel cadre il peut facilement disputer la sagesse de la mesure la plus sage. Patience.

Le problème est humainement insoluble. Prions et attendons la solution divine, qui nous épatera tous!

Kyrie eleison.

[Sean Johnson - Ipsa Conteret] Mgr Williamson: «Plusieurs catholiques voulant garder la Foi voient dans ce futur évêque un grand espoir»

SOURCE - version française par reconquista - orignial anglais sur ipsaconteret.com - 14 avril 2017

Interview avec Son Excellence, Monseigneur Richard Williamson, sur la consécration épiscopale de M. l'abbé Gerardo Zendejas - par Sean Johnson, 14 avril 2017
Bonjour Monseigneur :

Dans le Commentaire Eleison (#504), Votre Excellence annonce son intention de consacrer un quatrième évêque (M. l'abbé Gerardo Zendejas) pour la Résistance le 11 mai à Vienna, VA (États-Unis). Pouvez-vous partager avec nous les principales raisons de ce sacre épiscopal?
Mgr W. En automne 2016, les Dominicains d'Avrillé ont publié dans le ‘Sel de la Terre’ une lettre de Mgr Lefebvre datée du 28 octobre 1988 adressée à un traditionaliste anglophone et écrite en anglais. Mgr Lefebvre écrit : “Nous sommes dans un temps de grande apostasie. Nous avons besoin de plus en plus d'évêques et de prêtres, très catholiques. C'est nécessaire partout dans le monde.”
Quelle sorte de réaction Votre Excellence a-t-elle reçue en réponse à cette annonce de consécration épiscopale?
Mgr W. Extrêmement positive. Tout simplement, plusieurs catholiques voulant garder la Foi voient dans ce futur évêque un grand espoir d'avoir un pasteur sain et sobre pour les aider sur le chemin du Ciel. L'avenir seul nous le dira, mais c'est un espoir de stabilité au milieu de la confusion croissante.
Pouvez-vous partager avec nous quelques-unes des raisons pour lesquelles vous avez choisi de consacrer M. l'abbé Gerardo Zendejas en particulier?
Mgr W. M. l'abbé Gerardo Zendejas a 54 ans, il est assez jeune pour avoir plusieurs années utiles devant lui, assez vieux car il a près de 30 ans d'expérience derrière lui. Il a passé la plupart de ces années dans la FSSPX. Dans sa décision de rejoindre la Résistance, il n'y avait aucune trace de rébellion. C'est plutôt une décision murement réfléchie de faire ce qu'il faut pour servir la Foi. Un bon signe, il me semble, est que Mgr Fellay ne voulait pas qu'il quitte la Fraternité.
Bien que Mgr Fellay ait été consacré par Mgr Lefebvre à l'âge de 30 ans, avec 6 ans seulement de sacerdoce (et sans plus d'éducation que n'importe quel prêtre de la FSSPX formé à Écône) un membre sur un forum gratuit a jugé bon de remettre en question les aptitudes intellectuelles et académiques de M. l'abbé Zendejas pour l'épiscopat (même si au moment de sa consécration épiscopale, il aura près de 25 années d'expérience sacerdotales et de maturité de plus que Mgr Fellay à son sacre). Comment votre Excellence répond à cette accusation?
Mgr W. L'Église Catholique a toujours besoin d'un certain nombre de prêtres très instruits, mais la plupart des prêtres de paroisse d'autrefois n'avaient guère plus que leur formation de séminaire. En effet, la formation donnée dans les séminaires de Mgr Lefebvre était à la fois solide et exigeante, au niveau d'études universitaires décentes et par sa conformité avec la Vérité, considérablement au-dessus du niveau de la plupart des intellectuels et l'intellectualisme d'aujourd'hui. N'est-ce pas des "intellectuels" dominicains et jésuites qui furent les chefs du néo-modernisme à Vatican II et les empoisonneurs de l'Église par leur pseudo-intellectualisme?
Votre Excellence a choisi de donner beaucoup plus de préavis pour cette consécration épiscopale, que dans les cas de celle de Mgr Faure et de celle de Mgr Thomas Aquinas. Pouvez-vous expliquer les raisons de cette décision?
Mgr W. La consécration de Mgr Faure a eu lieu avec très peu de préavis car si les nombreux ennemis de la Foi l'avaient su assez en avance, ils auraient pu vouloir, par n'importe quel moyen à leur disposition, empêcher la consécration de se produire. La même situation s'appliquait à la consécration de Mgr Thomas Aquinas. Maintenant, le chat est sorti du sac, pour ainsi dire, et il n'y a plus le même risque d'extermination de la Résistance Catholique par la paralysie de ses évêques. Ils sont trop nombreux pour se débarrasser de tous à la fois. En outre, de nombreux catholiques transatlantiques souhaitant garder la foi seront heureux du préavis qui leur permettra d'assister à cette cérémonie unique du sacre d'un nouvel évêque, cet évêque étant aussi un grand espoir pour l'avenir de la Foi catholique.
Dans le Commentaire Eleison dans lequel vous annoncez cette consécration épiscopale, Votre Excellence explique la nécessité de l'autorité, et en plus, vous faites un parallèle entre la localisation géographique des quatre évêques de la FSSPX et la localisation géographique des quatre évêques de la Résistance. Quelques-uns essaient de dire, en se basant sur cette référence à la localisation géographique et à l'autorité, que vous avez l'intention de donner aux évêques de la Résistance une juridiction territoriale. On peut supposer que cette affirmation ridicule sera dissipée par la lecture du mandat apostolique, mais en attendant, pouvez-vous dire quelques mots sur ce sujet ?
Mgr W. Monseigneur Lefebvre a été très clair lorsqu'il a consacré les quatre évêques en 1988, il ne prétendait pas leur accorder une juridiction que seule Rome peut donner. Ils devaient être simplement les lumières d'urgence tant que l'éclairage normal dans l'Église est éteint. M. l'abbé Zendejas recevra de même l'épiscopat afin qu'il puisse agir sacramentellement comme un évêque, mais il n'aura aucune juridiction géographique officielle en Amérique du Nord ou ailleurs.
En tant que membre de la Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et de Marie (SAJM), le futur Monseigneur Zendejas sera un membre d'une congrégation religieuse érigée canoniquement. Est-il prévu que M. l'abbé Zendejas limitera son ministère à la SAJM (de la même façon que les évêques de la FSSPX limitent leur ministère à la FSSPX) ou l'aggravation de la situation de l'Église entrainera-t-elle un apostolat plus vaste (si ce n'est ex officio, alors du moins ex caritate)?
Mgr W. Une des principales idées derrière la consécration de M. l'abbé Zendejas est que sur le sol nord-américain, il devrait y avoir un évêque catholique correctement consacré accessible comme une source fiable de vraie doctrine catholique et de vrais sacrements, ainsi que des prêtres. Puisque que la crise de l'Église ne fera qu'empirer dans les prochaines années, de plus en plus de catholiques et de non catholiques verront l'utilité d'un tel évêque et auront recourt à ses services (cf. Jn. XII, 20-21) pour les aider à arriver au Ciel.
Pouvez-vous expliquer comment un non catholique pourrait voir l'utilité d'un tel évêque, et comment un non catholique pourrait recourir à ses services ?
Mgr W. Lorsque moi-même, je suis devenu catholique, j'ai parlé à près de huit prêtres différents, carmes, bénédictins, jésuites et prêtres séculiers, qui ont tous répondu à mes questions avec patience et charité, et surtout selon la Vérité. Mais ils devaient être là, ils devaient être patients, et ils suivaient encore assez la Vérité pour ne pas me faire devenir Mormon! J'ai été reconnaissant à chacun, et ils dépendaient d'évêques qui n'avaient pas encore pu les empoisonner avec le modernisme.
Vous affirmez que le futur Mgr Zendejas sera "correctement consacré” évêque. Cette déclaration signifie-t-elle que Votre Excellence a certains doutes concernant la validité du nouveau rite de consécration épiscopale?
Mgr W. Les lecteurs du "Commentaire Eleison" se souviennent peut-être des deux numéros publiés il y a environ deux ans dans lesquels un article sur la validité du nouveau rite de de consécration épiscopale de M. l'abbé Alvaro Calderon était résumé. Il est l'un des meilleurs théologiens dans la FSSPX. Sa conclusion était que le nouveau rite est très probablement valide mais une ombre de doute plane sur ses intentions néo-modernistes : a-t-il vraiment l'intention de faire un évêque catholique? L'ombre est suffisante pour M. l'abbé Calderon pour juger qu'idéalement tous les évêques consacrés selon ce nouveau rite devraient être reconsacrés conditionnellement.
Comme M. l'abbé Zendejas parle espagnol et anglais, il semble qu'il pourrait s'occuper du ministère en Australie, où ces langues sont communes aux Philippines et en Océanie.. Est-il prévu qu'il s'occupera de ce ministère (par exemple : les confirmations et les ordinations, etc.) dans cette partie du monde?
Mgr W. Le temps nous le dira. Tant que les avions volent, M. l'abbé Zendejas peut voler.
Les évêques de la Résistance ont refusé de collaborer avec M. l'abbé Joseph Pfeiffer et M. l'abbé David Hewko aux États-Unis, pour des raisons qui sont bien connues, dans l'espoir que cette isolation charitable corrigera leurs attaques publiques scandaleuses. Est-il prévu que cette politique se poursuivra sous Monseigneur Zendejas?
Mgr W. Il y a toutes sortes de questions pastorales que M. l'abbé Zendejas aura à juger selon les circonstances, en raison du chaos de l'Église aujourd'hui, toutes sortes de situations qui évoluent toujours.
Certains disent qu'en raison du petit nombre de fidèles résistants (au moins comparé à ceux de la FSSPX), cette dernière consécration n'est pas nécessaire. Comment Votre Excellence répond à cette objection?
Mgr W. Ce n'est pas une question de nombres, ou de quantité, mais de Vérité et de qualité. La Sainte Écriture (Luc, XVIII, 8)nous dit qu'à la fin du monde, l'Église sera très réduite. Cependant, la vraie doctrine et les vrais sacrements ne seront pas moins nécessaires, et jusqu'à la fin, il y aura encore un nombre minimum de vrais évêques et de vrais prêtres. Mais, ces évêques et ces prêtres seront peu nombreux La Vérité n'est pas démocratique.
M. l'abbé Zendejas s'installera aux États-Unis, où bien que ce soit le deuxième pays où les prêtres de la FSSPX sont les plus nombreux, il y a eu très peu de départs (contrairement à la Grande-Bretagne qui a seulement environ une douzaine de prêtres et pourtant, la moitié d'entre eux ont rejoint la Résistance). Pensez-vous que cette consécration et le fait que le futur évêque s'installe aux États-Unis auront un effet sur les prêtres, peut-être en encourageant ceux qui n'auraient pas considéré la Résistance autrement?
Mgr W. L'exemple futur que M. l'abbé Zendejas donnera comme évêque en continuant dans la ligne de Mgr Lefebvre à enseigner la Vraie Doctrine de l'Église et en dispensant les vrais sacrements devrait certainement attirer l'attention des prêtres de la FSSPX et les faire réfléchir. Le temps nous dira si cela entraine certains à suivre son exemple.
Merci à Son Excellence, Monseigneur Richard Williamson, d'avoir pris le temps de répondre à ces questions!