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Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

29 septembre 2016

[Riposte Catholique] Tribune – Contextualiser les exigences divines ? Sur Sarkozy et d’autres…

SOURCE - Riposte Catholique - 27 septembre 2016


Il y a une mode dans certains milieux, y compris les chez les catholiques. Cette mode, nommons-là: la contextualisation. Elle signifie que tout ne serait que question de contexte lorsqu’on étudie les Saintes Écritures ou même quand on analyse la Tradition. Elle permettrait de relativiser beaucoup de choses: le péché, certaines institutions, etc. Mais une telle mode aboutit à douter de tout, car si tout est contextualisable, il ne reste plus rien. Rien, sauf des sentiments subjectifs.

Un candidat à la primaire – Nicolas Sarkozy, pour ne pas le nommer… – a même opposé la nécessaire contextualisation auquel procéderait la culture chrétienne pour mieux l’opposer à l’islam. Dans Tout pour la France, l’ancien président de la République affirme qu’au Moyen Âge, la chrétienté aurait donc oublié cette attitude (voir l’image en-dessous)… Pourtant, que d’erreurs ! Les partisans de l’exégèse allégorique n’ont jamais nié qu’il y eût un sens littéral dans l’Écriture. Même Origène n’a jamais oublié que les Écritures disent aussi des choses factuelles. Au passage, c’est bien le protestantisme qui a rompu avec les quatre sens médiévaux de l’Écriture, se focalisant sur une étude limitée… Bref, Nicolas Sarkozy ramène le Moyen Âge à l’obscurantisme. On n’a donc plus besoin de s’appeler Michel Rocard, qui reprenait la légende selon laquelle l’Église aurait refusé aux femmes l’existence d’une âme…

Pourtant, il existe des actes graves. Ainsi, quand le Christ met en garde contre certains péchés. Il ne le dit pas à légère et ne s’en remet à un sens caché. Il le dit ouvertement et sans détours, sauf – peut-être – pour certains politiques en mal de popularité ou pour certains théologiens qui ont cru qu’ils comprenaient mieux que quiconque la miséricorde…

Quand Saint-Paul annonce que ceux qui approchent indignement de la communion concourent à leur propre condamnation, il se garde de donner un énoncé qu’une casuistique pourrait contourner. Il existe des interdictions qui valent à toutes les époques et pour tous les individus. L’histoire de l’Église, c’est peut-être la capacité à dépasser des périodes différentes, mais c’est aussi cette faculté à poser une vérité qui transcende ces époques. Tous les âges ont eu besoin de la Rédemption et de combattre le péché. Il n’y a pas besoin de faire de dessins pour savoir que les tentations resteront les mêmes… L’homme ne se réduit pas à un contexte, à une mentalité, même si ces aspects jouent forcément un rôle. Mais l’homme est un peu plus que cela… Refusant tout historicisme, la foi chrétienne a fait le pari que l’homme d’un lieu précis et d’une époque donnée pouvait connaître la vérité.

Ne rabâchons pas des attitudes dignes d’une exégèse de comptoir, mais apprenons à aimer la vérité, à aller au-delà des modes passagères. Le relativisme est aussi le fruit d’une époque bien précisé, de mentalités particulières. Comme toute idéologie, il finira par disparaître après avoir séduit tant d’âmes, y compris à des niveaux ecclésiaux très élevés… La contextualisation est l’exégèse superficielle de ces hommes modernes, enfermés dans leur morne individualisme, et incapables de comprendre des vérités transcendantes.

[Paix Liturgique] Saint Josemaria Escriva et la mystique du Missel traditionnel

SOURCE - Paix Liturgique - lettre n°563 - 27 septembre 2016

Il est particulièrement intéressant de se pencher sur l’ensemble des motifs qui ont fait conserver à Josemaria Escrivá de Balaguer, le fondateur de l’Opus Dei, la célébration privée de la messe traditionnelle : elles étaient hautement spirituelles.
Dans notre lettre 552, consacrée à l’histoire de la paroisse Sainte-Brigitte, dans la banlieue de Portland (Oregon), nous écrivions dans notre première réflexion que cette histoire rappelait que, dès l’apparition du nouveau missel de Paul VI, un certain nombre d’indults privés (*) permettant la conservation de l'ancien missel avaient été demandés et obtenus, « les plus célèbres étant ceux accordés à saint Padre Pio et saint Josemaria Escrivá ». Cette phrase a incité un de nos lecteurs à nous signaler un témoignage donnant quelque détail sur l’indult obtenu par le fondateur de l’Opus Dei. C’est ce témoignage que nous vous proposons cette semaine comme sujet de nos réflexions.
I – LE TÉMOIGNAGE DE JOHN SONNEN
John Sonnen est un blogueur, photographe et guide américain qui a passé de nombreuses années à Rome avant de se marier et de repartir pour les rives du Pacifique où il a monté une agence de pèlerinages avec son épouse. Le 4 août 2015, il a publié sur son blog le témoignage suivant, intitulé : « Pourquoi saint Josemaria n’a jamais célébré le Novus Ordo ». Ce témoignage met en scène l’un des familiers du fondateur de l’Opus Dei, son médecin personnel, l’abbé José Luis Soria.

Il y a quelques années, écrit John Sonnen, j’ai eu l’honneur de m’asseoir aux côtés du merveilleux Père Soria, médecin personnel de saint Josemaria Escrivá.

Don José était un ami proche du saint, à ses côtés jusqu’à son dernier soupir. C’est lui qui lui ferma les paupières au moment de son rappel à Dieu. Ordonné prêtre à Madrid, il vécut à Rome des années 50 aux années 70.

À la question que je lui fis sur les raisons pour lesquelles saint Josemaria n’avait pas célébré la nouvelle messe, il me répondit avec franchise et précision.

Saint Josemaria était avant tout et par-dessus tout obéissant. Mais il n’arrivait pas à lire les caractères estompés du nouveau missel romain. Il souffrait de cataracte et s’épuisait à en déchiffrer la typographie médiocre.

Le saint avait en outre connu des expériences mystiques liées à certains mots, expressions et passages de la messe traditionnelle. Ces expériences avaient jalonné sa vie spirituelle depuis son enfance et tout au long de sa vie de prêtre. En célébrant la messe de Paul VI, le saint se serait privé de tels moments.

C’est le secrétaire du saint [et successeur immédiat à la tête de l’Opus Dei, ndlr], don Álvaro del Portillo qui, à sa demande, téléphona à Monseigneur Annibale Bugnini pour lui demander la permission de continuer à célébrer l’ancienne liturgie. Bugnini n’eut pas d’hésitation et répondit : « Don Escrivá n’a pas besoin de ma permission. Qu’il continue à célébrer la messe de saint Pie V ! »
II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) En regardant attentivement les photos qui illustrent notre lettre et en accord avec le récit de son médecin personnel, on constate que saint Josemaria a bien continué à célébrer selon le missel de saint Pie V : pouce et index joints après la consécration, manière de s’incliner vers l’autel, port du manipule, canon d’autel, etc. ; la plus probante des photos étant celle où l’on voit l’attitude de Josemaria Escrivá lors duMemento des défunts conforme aux rubriques anciennes, la page du missel à sa gauche étant une page du missel tridentin. Pourtant, il est tout aussi vrai qu’en tant que Supérieur de l’Opus Dei, il a veillé à l’adoption du nouveau missel par tous les prêtres de sa communauté. Il ne pouvait en être autrement pour l’auteur de ces exhortations spirituelles : « Accueille en toi la parole du pape, et que ton adhésion soit religieuse, humble, intérieure et efficace : fais-toi l’écho de sa parole ! » et « Quand tu recevras un ordre, que personne ne l’emporte sur toi en obéissance ! » (Forge, Le Laurier, 1988).

2) Médecin et prêtre, don José Luis Soria a partagé la vie de saint Josemaria Escrivá de 1956, année de son ordination, à 1975, année du rappel à Dieu du saint. Rien d’étonnant donc à ce que les arguments avancés par l’abbé Soria pour justifier le refus du nouveau missel, à titre personnel, par le fondateur de l’Opus Dei, soient à la fois d’ordre médical (les problèmes de vue) et spirituel (les grâces reçues en célébrant selon le missel de saint Pie V). Sachant qu’en 1969, le fondateur de l’Opus Dei a 67 ans, et que la permission qu’il demande concerne sa messe privée (pour les messes publiques, notamment les concélébrations, il célèbre selon le nouveau missel), il se trouve bien dans le cas prévu par l’instruction de la Congrégation pour le Culte divin du 20 octobre 1969, qui indiquait que : « Les prêtres âgés qui célèbrent la messe sine populo, et qui auraient trop de difficultés à s'habituer au nouvel Ordo Missæ et aux nouveaux textes du Missel romain et de l'Ordo lectionum Missæ, peuvent, du consentement de leur Ordinaire, [conserver] les rites et les textes actuels. Les cas particuliers [...] seront soumis à cette S. Congrégation ». Ainsi s'explique la réponse immédiate et favorable de Monseigneur Bugnini à don Álvaro del Portillo.

3) Dans Quand le Christ passe, recueil d’homélies de saint Josemaria (Le Laurier, 1989), le fondateur de l’Opus Dei a de superbes paroles pour décrire le « mystère de Foi et d’Amour » qu’est l’Eucharistie (chapitre 9). La lecture de ces pages témoigne d’une théologie liturgique que les tenants de la réforme liturgique auraient sans hésiter qualifiée de « tridentine ». Citons, par exemple : « La Messe – j’y insiste – est une action divine, trinitaire, pas humaine. Le prêtre qui célèbre sert le dessein du Seigneur, en Lui prêtant sa voix et son corps; il n’agit pas à titre personnel, mais in persona et in nomine Christi, en la personne et au nom du Christ », ou encore « La Sainte Messe nous place ainsi devant les mystères essentiels de la foi, car elle est le don de la Trinité à l’Église On comprend ainsi que la Messe soit le centre et la racine de la vie spirituelle du chrétien. Elle est la fin de tous les sacrements. »

4) Comme le fondateur de l’Opus Dei, de nombreux prêtres de par le monde ont profité des exceptions prévues par l’instruction sur la mise en application de la réforme liturgique pour conserver le missel traditionnel. Souvent, aux raisons d’âge et de santé s'ajoutaient de vraies raisons théologiques et spirituelles. Concernant saint Josemaria, ces raisons n'ont jamais été explicitées, ce qui est facile à comprendre puisqu'il avait fait embrasser la réforme liturgique par son œuvre et n'était pas homme à semer le doute dans l'esprit des siens.
   
En revanche, et c'est tout l'intérêt du témoignage de l'abbé Soria, le saint avait « connu des expériences mystiques liées à certains mots, expressions et passages de la messe traditionnelle. Ces expériences avaient jalonné sa vie spirituelle depuis son enfance et tout au long de sa vie de prêtre. En célébrant la messe de Paul VI, le saint se serait privé de tels moments. » Les raisons qu'avaient saint Josemaria de célébrer la liturgie latine et grégorienne étaient donc aussi de nature spirituelle. Elles étaient, selon le témoignage de son confident, des raisons mystiques. 
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(*) En Droit canonique, un indult est une grâce du Saint-Siège portant dispense du droit commun. En l’espère on pourrait aussi parler de privilège, droit particulier accordé à certaines personnes contre la loi générale, ou au-delà de celle-ci. Dans le cas de Josemaria Escrivá, il semble qu’il s’agisse plutôt de l’usage d’une exception prévue par la loi.

[DICI] Cérémonies de prise d’habit et premiers voeux à Flavigny

SOURCE - DICI / FSSPX - 29 septembre 2016
Vêtures : Le 28 septembre, l’abbé Patrick Troadec, directeur du Séminaire Saint-Curé d’Ars de Flavigny, a remis la soutane à 3 postulants : 1 Camerounais, 1 Canadien et 1 Français. Après s’être revêtus de la soutane et du surplis, les postulants ont prononcé l’acte d’oblation qui les introduit au noviciat, s’engageant à se préparer dignement à la vie religieuse.

[DICI] Fête de saint Michel : 119 Frères de la Fraternité Saint-Pie X

SOURCE - DICI / FSSPX - 29 septembre 2016

La fête de saint Michel Archange est le jour où la plupart des Frères de la Fraternité Saint-Pie X émettent leurs vœux de religion.

Cette année ils sont 4 à avoir prononcé leur profession perpétuelle tandis que 7 novices ont émis leurs premiers vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. 7 autres, ayant achevé leur période de postulat, sont entrés dans les noviciats de Flavigny (France), Winona (Etats-Unis) et Iloilo (Philippines).

La Fraternité Saint-Pie X compte désormais 119 frères profès.
     

27 septembre 2016

[Credidimus Caritati] Mgr Lefebvre : Imaginez-vous que demain nous puissions dire librement nos messes dans les églises?

SOURCE - Credidimus Caritati - 27 septembre 2016
Au début du pontificat de Jean-Paul II, Mgr Marcel Lefebvre a adressé au pape des propositions concrètes pour parvenir à une régularisation de la Fraternité Saint-Pie X. Il demandait notamment la liberté pour les prêtres de célébrer la messe traditionnelle et le refus explicite de célébrer la nouvelle. À l’époque, le recours à l’ancien missel était purement et simplement interdit. On voit ainsi que l’œuvre n’a guère varié dans ses demandes avant de voir concrétiser son statut : ce fut toujours la liberté de pouvoir célébrer selon le missel de 1962 et la suppression des peines canoniques portées jusque là. Dans une pétition adressée en 1985, la Maison Générale de la Fraternité faisait une demande semblable au Saint-Siège. Ces deux points devinrent les préalables posés par Mgr Fellay et qui furent accordés les 7 juillet 2007 et 21 janvier 2009. Ce qui est intéressant dans la conférence que Mgr Lefebvre fit le 16 janvier 1979 à Écône, c’est qu’il y présente l’intérêt pour ses prêtres de pouvoir déployer leur apostolat de façon reconnue. Si cette situation ne peut être obtenue au prix de l’inacceptable, elle demeure néanmoins souhaitable à ses yeux et il demande de ne pas négliger cet aspect. Il en va du salut de nombreuses âmes. 
« Que fera le pape ? Je n’en sais rien. Aurons-nous une condamnation encore plus grande, une condamnation plus forte ? Eh bien, ce sera une condamnation plus forte. Je ne peux pas changer, c’est absolument impossible ! Je ne puis pas dire que ce qui est mauvais, est bon. C’est impossible. Je ne peux pas, moi, m’empoisonner tout doucement, je ne veux pas détruire l’Église. Nous nous retrouverons comme nous sommes. Peut-être, serai-je excommunié à ce moment-là, je n’en sais rien ! C’est possible. Mais je n’ai pas peur de cette excommunication car je sais qu’elle ne vaudra rien, comme j’ai dit que les autres peines ne valaient rien. 
« Mais je cherche à imaginer au contraire qu’il accepte : ‘- Bon, et bien on vous laisse libres, on laisse libres les prêtres’. Eh bien, je vous assure que ce serait, pour l’Église, une chose extraordinaire, parce que ce serait la Tradition qui reprendrait le dessus dans l’Église. Nous n’avons pas le droit de manquer une chance comme celle-là tout de même ! Cela, ça ne dépend pas de moi parce qu’il est certain qu’actuellement nous sommes tout de même enfermés. On nous ferme les portes des églises, on nous ferme les portes des chapelles, on nous tracasse de partout, on nous poursuit de partout. Imaginez-vous que demain nous puissions dire librement nos messes dans les églises, avec les fidèles qui veulent venir assister à nos offices ? Mais, cela changerait énormément et immédiatement toute la situation des fidèles et de l’Église. Ce serait considérable, n’est-ce pas ? Alors nous ne pouvons tout de même pas nous permettre de considérer cela comme négligeable avec tout ce que cela représente, comme les âmes qui se sauveront, le nombre d’âmes considérable qui se sauveront de nouveau!»