TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

25 février 2017

[Père Jehan De Belleville - Bénédictins de l'Immaculée] Erection canonique des bénédictins de l’Immaculée

Mgr Guglielmo Borghetti
évêque d’Albenga-Imperia
SOURCE - Père Jehan De Belleville - Bénédictins de l'Immaculée - 25 février 2017

Nous avons la joie de vous annoncer la prochaine érection canonique de la communauté, à laquelle procédera notre nouvel évêque Mgr Guglielmo Borghetti le 21 mars prochain en la fête de saint Benoît.

Le 19 janvier 2015 nous en avions fait la demande auprès de Mgr Mario Oliveri dans les termes suivants qui résument la situation de la communauté depuis sa fondation:
« Excellence et cher Monseigneur, 
Par votre lettre du 6 février 2008, vous m’avez paternellement accueilli dans votre diocèse d’Albenga-Imperia pour y fonder le monastère sainte Catherine de Sienne où se vivraient les traditions monastiques transmises par nos fondateurs et les traditions liturgiques en conformité avec le motu proprio Summorum Pontificum du regretté pape Benoît XVI. 
Le 21 mars 2012 vous nous avez fait la grâce et la joie d’ériger le monastère en Association Publique cléricale de fidèles ad experimentum pour trois ans. 
Depuis donc sept années, malgré de nombreux essais de vocations qui n’ont pas toujours abouti, la communauté demeure actuellement stable avec 3 membres, nombre minimum requis par le droit pour former un ensemble de personnes (can. 115§ 2). 
Depuis sept années à Villatalla l’office divin et la messe quotidienne chantée ne se sont jamais interrompus et la louange divine continue d’être célébrée fidèlement sept fois le jour et une fois la nuit, dans le chant grégorien, chant propre de l’Eglise Catholique, depuis les matines à 3h.30 jusqu’aux Complies à 20h. 
L’ad experimentum de l’Association parvenant à son terme ce 21 mars 2015, frère Antoine, frère Marie et moi-même venons humblement requérir auprès de votre Excellence la grâce de voir notre communauté érigée en institut de vie consacrée de droit diocésain. Cette grâce donnera à notre communauté une reconnaissance ecclésiale plus forte et plus stable et protégera son charisme d’éventuelles contestations, particulièrement à craindre en cette période de troubles et d’incertitudes pour l’Église. Je pense aussi que cette reconnaissance attirera davantage de vocations ayant besoin d’être rassurées sur la fiabilité de notre communauté. 
Veuille, votre Excellence, agréer l’expression de nos sentiments très respectueux et filiaux in Maria. »
L’approbation des Constitutions par le Saint-Siège est une condition de validité pour l’érection d’un institut diocésain. Signée le 25 mars 2015, elle est arrivée trop tard à Mgr Oliveri car ce même jour, à la demande du Pape François, il renonçait à la juridiction attachée à sa charge d’évêque diocésain. Mgr Borghetti a dû prendre du temps pour faire connaissance avec son nouveau diocèse et nous faire une première visite le 12 mars 2016. À plusieurs reprises et publiquement, il a déclaré que n’ayant pas de sensibilité traditionnelle il respectait cependant pleinement le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Il a tenu parole: plusieurs messes sont actuellement célébrées selon le rite traditionnel dans le diocèse à la demande de groupes de fidèles et lui-même viendra donc nous ériger et recevoir nos vœux monastiques ce 21 mars prochain. A sa demande, la messe traditionnelle sera célébrée solennellement par l’ancien vicaire général de Mgr Oliveri, Mgr Giorgio Brancaleoni à 11h, lui-même étant assistant au chœur.

Chers amis, je viens partager avec vous notre joie de recevoir l’approbation de la sainte Eglise pour continuer notre vie monastique dans une entière fidélité à la grâce reçue et transmise à Bedoin en 1970 par Dom Gérard dont j’ai eu l’honneur d’être le premier disciple. Magnificat !
 
Merci de nous accompagner de vos prières en ce jour béni et nous-mêmes nous vous portons dans les nôtres chaque jour. Que Dieu vous bénisse et vous protège vous et vos familles !

[Jacques Breil - Présent] Homélies de Mgr Lefebvre à Écône

SOURCE - Jacques Breil - Présent - 2 septembre 2016

Sous un titre un peu sot (« Homélies à Ecône » aurait parfaitement suffi), qui n’altère toutefois pas la valeur du contenu, et sous une belle reliure d’éditeur, vient de paraître un document capital pour l’histoire ecclésiastique du dernier demi-siècle : Ecône, chaire de vérité, qui propose l’intégralité des sermons de Mgr Marcel Lefebvre dans le séminaire qu’il avait fondé en Suisse après avoir été missionnaire en Afrique puis Supérieur général des Spiritains.

« L’évêque de fer », comme se plaisait à le surnommer la presse, a prononcé de très nombreuses allocutions, puisqu’il ne cessait de parcourir le monde. Cependant, sauf de rares exceptions, il réservait ses déclarations majeures à Ecône. On possède donc, avec ce recueil, une vue d’ensemble de la façon dont Mgr Lefebvre expliquait son parcours, ses positions et son projet. Les éditeurs ont eu la bonne idée d’ajouter en annexe les trois principaux sermons « historiques » qui n’ont pas été prononcés à Ecône, à savoir le sermon de Lille en août 1976, le sermon pour le jubilé des cinquante ans de sacerdoce en septembre 1979 et celui du jubilé des soixante ans en novembre 1989. Rien ne manque donc à notre information.

Cette somme constitue en quelque sorte le plaidoyer pro domo de l’ancien Délégué apostolique de Dakar. Mais non pas comme un ouvrage rédigé après coup dans le dessein de se justifier. Au contraire, jour après jour, Mgr Lefebvre réagit aux événements de l’Eglise, expose ses doutes, ses angoisses, ses colères, ses espérances. Et comme il s’agit de sermons, ces éclairages sont inscrits dans une présentation d’ensemble du sacerdoce, de la vie chrétienne, des sacrements, de l’Eglise.

Certains discours sont d’ailleurs d’un grand souffle. Le sermon des ordinations sacerdotales en 1976, celui du jubilé de 1979, l’homélie sur « la Passion de l’Eglise » le 29 juin 1982, par exemple, révèlent un véritable orateur, ce que l’archevêque, au demeurant, ne prétendait pas être : « La vraie éloquence se moque de l’éloquence », notait fort justement Pascal.

En parcourant l’ouvrage, on apprécie de découvrir bien des passages qui font connaître l’âme du fondateur d’Ecône au-delà des approximations voire des caricatures qui en ont été transmises par les médias. C’est un bonheur d’en recueillir certains au fil des pages, pour aborder une pensée plus complexe et ouverte qu’on ne l’imaginait. Donnons-en simplement trois exemples.

A la toute fin des « Trente Glorieuses », Mgr Lefebvre propose, en quelques lignes, une critique économique et sociale qui vient percuter de plein fouet le monde du capitalisme triomphant et de l’ultralibéralisme que nous subissons aujourd’hui. « Les problèmes économiques et sociaux seraient résolus si la vertu de tempérance, plus encore que la vertu de justice, était pratiquée par tout le monde. Le mépris des choses de ce monde, la mesure en toutes choses, dans tout ce qu’il faut employer ici-bas, dans tous les biens dont il faut user : voilà la tempérance. Si tout le monde pratiquait la vertu de tempérance, la vertu de justice serait vite résolue. Mais parce qu’on ne veut plus pratiquer la vertu de tempérance, parce que tout le monde recherche davantage de biens, toujours davantage de jouissance à n’importe quel prix, dans n’importe quelles conditions, alors la jalousie, l’envie se mettent dans le cœur des hommes, et ainsi la lutte se répand dans le monde entier. De même, si ceux qui possèdent comprenaient davantage qu’ils doivent, eux aussi, user avec modération des biens de ce monde, ils pourraient se montrer plus généreux envers ceux qui manquent » (7 janvier 1973, p 30).
Antisémitisme ?
On accuse souvent les « traditionalistes » de fricoter avec l’antisémitisme, l’un des nouveaux « péchés capitaux » (avec sans doute le fait de fumer du tabac, de mal trier ses ordures et de ne pas se pâmer d’admiration devant le hip-hop). Les paroles de Mgr Lefebvre sur ce point sont d’une clarté extraordinaire, excluant toute haine raciale, mais marquant nettement, en revanche, l’irréductible opposition religieuse : « Nous devons affirmer notre foi en Notre Seigneur Jésus-Christ, notre amour de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est précisément ce qui fait la distinction entre nous et les Juifs dont nous sommes les descendants : nous sommes les enfants spirituels des Juifs, nous n’avons pas à mépriser la race des Juifs, Notre Seigneur a pris sa chair dans le sein d’une Juive qui était la Vierge Marie. (…) Nous devons donc aimer la race juive, mais nous ne devons pas nier que parmi les Juifs il y a précisément ceux qui ont accepté Notre Seigneur Jésus-Christ, ceux qui l’ont reçu, qui ont propagé son nom, qui ont donné leur sang pour lui, et puis ceux qui l’ont haï, mais haï avec une haine farouche, avec une persécution constante, sans relâche, encore aujourd’hui. C’est cela que nous reprochons aux Juifs » (2 janvier 1977, p. 237).
Trois dons « extraordinaires »
Alain de Pénanster a intitulé le livre qu’il a consacré en 1988 à Mgr Lefebvre, Un papiste contre les papes. Ce titre nous revient en mémoire en parcourant le sermon du 19 septembre 1976, pour la rentrée du séminaire d’Ecône. L’été vient sans doute de connaître l’acmé de la première confrontation entre la Fraternité Saint-Pie X et le Vatican, avant celle de 1988 : Mgr Lefebvre, en juillet, a été frappé par Paul VI de suspense a divinis. On pourrait s’attendre à ce qu’il propose, à ses séminaristes, le récit des événements de « l’été chaud 1976 ». Or il fait rouler son entretien sur « les trois dons extraordinaires que Dieu nous a faits », à savoir l’Eucharistie, la Vierge Marie et le Pape (p. 199). Il ne s’agit évidemment pas d’une provocation à l’encontre du Siège apostolique, et même au contraire : le Supérieur de la Fraternité Saint-Pie X exprime ici une conviction très profonde, et il reprendra le même thème dans son sermon pour ses trente ans d’épiscopat, soulignant d’ailleurs au passage qu’il prêchait souvent cette doctrine lorsqu’il était missionnaire en Afrique (18 septembre 1977, p. 293).

On se promène ainsi dans ce jardin de délices, picorant ici une pensée, révisant un point de doctrine ou de liturgie, approfondissant sa foi, réchauffant sa vie chrétienne. Un tel recueil est comme un trésor inépuisable, une source ininterrompue de vie spirituelle, une somme que l’on consulte indéfiniment, et toujours avec un profit et un plaisir renouvelés.

Jacques Breil
  • Mgr Marcel Lefebvre, Écône, chaire de vérité, éditions Iris, 2016, 1104 pages, 73 euros.

[Père Jehan De Belleville - Bénédictins de l'Immaculée] Février 2017: visite au Monastère de N-D de Guadalupe USA

Monastère N-D de Guadalupe
(Nouveau Mexique)
SOURCE - Père Jehan De Belleville - Bénédictins de l'Immaculée - 18 février 2017

Durant l’été 2016 nous avons eu à Villatalla la visite de Dom Cyprien, ancien moine du Barroux d’origine américaine avec deux de ses frères, le Père André et le frère Jean-Baptiste. Au début de février, Dom Cyprien nous a offert le voyage dans son monastère de Notre-Dame de Guadalupe fondé il y a 25 ans. Il contient actuellement 40 moines, moyenne d’âge 25 ans, dont 5 prêtres et une dizaine de profès. Les 2/3 sont frères convers.

Je vous invite donc à découvrir ce beau monastère de Tradition et de ferveur: www.ourladyofguadalupemonastery.com/L’horaire est à peu près le même qu’au Barroux: lever à 3h15 et coucher à 20h, sauf le P. Prieur qui travaille tard après Complies. Les bâtiments sont déjà trop petits et les frères vivent à deux par cellule. Les moines s’apprêtent à construire au printemps une grande église. Aidez-les. Merci !

Nous avons retrouvé très vivant dans cette jeune fondation, l’esprit de nos fondateurs, le Père Muard et Dom Romain Banquet et la grâce fondatrice de Bedoin des années 70-80. Le monastère est situé dans le Nouveau Mexique sur la commune de Silver City, sur un plateau montagneux et fort isolé à 2000 mètres d’altitude. Nous avons été émerveillés du sérieux monastique et de l’entrain de cette jeunesse généreuse, joyeuse et pleine d’attentions charitables à notre égard. Les bâtiments et tout le détail des constructions et aménagements intérieurs sont réalisés avec un grand sens du beau hérité de Dom Gérard. Dans les couloirs et les salles on peut admirer de nombreux tableaux de saints français: sainte Jehanne d’Arc, Saint François de Sales, sainte Bernadette, sans compter ceux de nos fondateurs. Les moines s’occupent à de nombreux ateliers: forge, bois, bâtiment, cuir, sans compter l’élevage de chevaux, de vaches, de brebis, de poules et de lapins; avec un jardin potager qui contient 3 grandes serres, et surtout une fabrique d’un café au gout indépassable, bref une petite ruche monastique bien laborieuse et disciplinée avec au centre de tout le culte de la sainte liturgie traditionnelle et la récitation du rosaire en communauté.

L’horaire est à peu près le même qu’au Barroux: lever à 3h15 et coucher à 20h, sauf le P. Prieur qui travaille tard après Complies. Les bâtiments sont déjà trop petits et les frères vivent à deux par cellule. Les moines s’apprêtent à construire au printemps une grande église. Aidez-les. Merci !

Je vous invite donc à découvrir ce beau monastère de Tradition et de ferveur: ourladyofguadalupemonastery.com

24 février 2017

[Anne Le Pape - Présent] Entretien avec l’abbé Grégoire Celier - Des souvenirs forts qui orientent une vie

SOURCE - Anne Le Pape - Présent - 24 février 2017

— Monsieur l’abbé, vous avez participé à l’aventure de ce qu’il est convenu d’appeler « la prise de Saint-Nicolas ». Quels en sont vos souvenirs les plus marquants ?
— Précisons d’emblée qu’à l’époque, je n’étais pas « tradi », que je n’assistais pas à la messe traditionnelle. Le dimanche 27 février 1977, je n’étais d’ailleurs pas à Paris, mais j’ai appris les événements par la radio. Cela m’a paru intéressant, attirant, et même détonnant. J’avais beaucoup d’amis « tradi », je me suis donc rendu à Saint-Nicolas le mardi 1er mars, à la première messe de 7 h 15 célébrée, si mes souvenirs sont bons, par l’abbé de Fommervault, l’abbé Coache se trouvant dans le chœur. L’église était pleine à craquer, elle n’a d’ailleurs pas désempli, jour et nuit, durant un bon mois.Saint-Nicolas ne désemplit pas depuis 40 ans.

Je me trouvais près de la grille du passage entre le chœur et la sacristie. L’abbé Bellego, curé de Saint-Séverin-Saint-Nicolas, se trouvait dans la sacristie, dont il avait gardé l’usage. Il a passé son aube, est venu au pied du chœur, devant le banc de communion et l’immense estrade recouverte de moquette rouge sur laquelle se trouvait la « table à repasser » (comme nous disions) qui servait au nouveau rite. Il s’est mis à protester : « Je suis le curé, vous n’avez pas le droit d’être là ! » La messe était basse, sa voix pas très forte mais on l’entendait… Je n’ai pas eu le temps de me retourner que l’abbé Coache avait déjà démarré un chant : « Cœur sacré de Jésus, Que votre règne arrive… », et tout le monde a repris, noyant le discours du père Bellego. La rapidité de la réaction de l’abbé Coache m’a stupéfié, en sorte que chaque fois que j’entends ce cantique, je revois cet épisode.
— Un autre souvenir ?
— Une semaine environ après a eu lieu la conquête de la sacristie, où se trouvaient quelques dames entourant l’abbé Jean-Robert Armogathe, vicaire de la paroisse. Ils se tenaient dans le couloir qui mène à la sacristie. Je me trouvais en compagnie de quelques jeunes d’Henri IV préparant « corniche » (mais, ne jouons pas les matamores, j’étais plutôt en arrière). Chaque groupe – eux d’une part, nous d’autre part – récitait son chapelet mais n’en était pas au même mystère… Ambiance tendue et électrique. Un faux (?) mouvement a déclenché une bagarre, nous les avons poussés vigoureusement. Bref ! Ils ont été expulsés par la porte qui mène au presbytère. Nous ne pouvions pas ne pas conquérir la sacristie, où se trouvaient le tableau électrique et le chauffage…
— Cette expérience vous a-t-elle marqué profondément ?
— Je suis entré à la Fraternité Saint-Pie X grâce à Saint-Nicolas, qui a donc joué un rôle capital dans ma vie. Je me rendais tous les dimanches à cette église pour aider au service d’ordre et, de ce fait, j’assistais aux messes. Mais pour ma messe dominicale, je me rendais le soir, comme d’habitude, dans une belle chapelle où je servais la messe de Paul VI en latin, célébrée face à Dieu par un prêtre qui prêchait une bonne doctrine. L’assistance, même plus ou moins involontaire, à la messe traditionnelle a fini par me convaincre de sa valeur irremplaçable.

Propos recueillis par Anne Le Pape

[Matteo Matzuzzi - Il Foglio] Les Lefebvristes à la maison

SOURCE - Matteo Matzuzzi - Il Foglio - 24 février 2017

All’Esquilino deviendra le Centre d’Etude de la FSSPX. Un accord est proche. Le rôle du pape a été décisif.
Rome. La fracture entre la Fraternité Saint-Pie X (lefebvriste) et le Saint-Siège va être résorbée. L'accord pour la création d'une prélature personnelle –garantie d’une large autonomie de gestion et pastorale - est maintenant à portée de main. La négociation en vue de l’achat par Ecône du complexe de Santa Maria Immacolata all'Esquilino, non loin du Latran, confirme que le processus de négociation –lent et complexe– entre dans une phase de résolution positive. L'église néo-gothique, construite à la fin du XIXe et au début du XXe siècle pour les Frères de la Charité, est déjà flanqué d'un bâtiment occupé ces dernières années par une école élémentaire et un collège. Selon les informations du Foglio, cela deviendra un centre d'étude et, dans une deuxième phase, selon toute vraisemblance, le siège de la Maison générale lefebvriste. Le Pape serait intervenu directement pour accélérer le tout, via Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission Pontificale Ecclesia Dei. Mgr Bernard Fellay (Supérieur de la FSSPX), Mgr Alfonso de Galarreta et l'Assistant Général l’abbé Alain Nely, auraient séjourné du 17 au 20 janvier, à Sante Marthe. La Supérieure des Sœurs de la Fraternité a également assisté aux pourparlers. L’abbé Nely est la personne chargée de finaliser l'achat du complexe.

Fracture entre les Français et les Allemands

Il n’est pas surprenant que François ait un rôle de premier plan dans les négociations. Fellay a rappelé la même que la relation entre Bergoglio et la Fraternité a des racines profondes. «Il nous connaît de l'Argentine. Nous étions en contact avec lui, car un concordat permet aux prêtres étrangers d'obtenir un permis de séjour à condition que l'évêque soit d'accord. Quand nous avons eu des problèmes avec l'évêque local, qui ne voulait pas notre présence, nous avons rencontré le cardinal Bergoglio pour exposer le problème. Sa réponse –a ajouté le Supérieur de la FSSPX il y a un an– était clair: ‘‘Vous êtes catholiques, bien sûr, et vous n'êtes pas schismatiques. Je vais vous aider’’. Et il l'a fait. Il a contacté Rome, il a écrit au gouvernement une lettre en notre faveur». Plus tard, en tant que Pape, à l'occasion du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, il a accordé aux fidèles qui fréquentent "pour diverses raisons" les églises desservies par des prêtres de la Fraternité, de recevoir valablement et légalement l'absolution sacramentelle de leurs péchés. Les pouvoirs ont été étendus au-delà la période du Jubilé "en faisant confiance à la bonne volonté de leurs prêtres pour récupérer la pleine communion dans l'Eglise catholique." Des problèmes restent cependant. Surtout du fait de la variété de la réalitié interne des lefebvristes. La situation est à peu près celle de 2012, quand Mgr Fellay, de façon surprenante, a décidé de rejeter la main tendue par Benoît XVI, et de ne pas accepter les conditions théologiques qu’imposait Ratzinger pour conclure les négociations. Un facteur décisif a été la fracture entre la zone allemande de la fraternité et la zone française. S’il n’avait tenu qu’aux membres de la première, la FSSPX serait retournée à la Communion avec Rome il y a cinq ans. Les questions sur la table ont été jugées résolubles, et n’empêchent pas l'accord. La victoire, cependant, est sur les Français, beaucoup moins disposés à faire des compromis. Fellay semble prêt à sortir de l'impasse, même au prix de pertes douloureuses entre ses fidèles et les prêtres.